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En Pays Cathare
Balade avec 4 équipages

La fin du mois d'Août n'est pas forcément idéale pour faire du Camping-car, mais c'est finalement quand même faisable si on évite les côtes et les stations réputées balnéaires. Cela se vérifie encore dans notre voyage vers le sud et dans l'accueil que nous recevons à différents endroits.

Notre destination première était Amélie les Bains, station de cure thermale des Pyrénées Orientales.

 dans catharePartis le 23 Août, nous passons par Limoges, puis descendons la N20, transformée pratiquement en autoroute gratuite jusqu'au sud de Brive. Un peu avant Souillac, le choix se pose de continuer en autoroute, mais avec péage. Nous la prenons, mais le regrettons, car elle s'arrête avant Souillac et le temps perdu fait regretter les 16 F demandés pour 10 Km en classe 3 ! Après Cahors on nous propose l'autoroute à péage et cette fois-ci nous ne la prenons pas. Nous restons sur la nationale 20 et en sommes bien contents. Bien aménagée, très roulante, souvent à 3 ou 4 voies, malgré les vacances, il n'y a presque pas de circulation et la route est très fluide. Une économie que nous apprécions. Nous ne verrons même pas Montauban qui est contourné également en 4 voies.

Le contournement de Toulouse par la rocade Ouest se fait aussi très aisément, puis nous prenons la nationale 113, ancienne route obligée des vacances, entre Toulouse et Narbonne. Même agréable surprise ! Tous les automobilistes se font racketter sur l'autoroute et nous laissent la 113 entièrement libre. Quel plaisir !

Premier os ! sur la 113, tout ne peut pas être rose. A 20 Km de Toulouse, nous essayons de rentrer dans Montgiscard pour notre étape de nuit. Stop, interdit aux camping-cars !

Pas grave, nous prenons alors une petite route vers le sud, et rejoignons une bourgade: Montbrun Lauragais. C'est signalé sur la carte comme étant un joli point de vue. Exact ! en plus, aucun panneau d'interdiction. Nous rejoignons tout simplement le parking situé à l'entrée de l'unique école du village. Nous sommes au point culminant. Le parking est en terre battue, mais quelle importance, nous y passons une nuit aussi discrète que calme. En faisant notre petite promenade pédestre de visite, nous voyons juste à côté, la construction d'un moulin à vent. Effectivement, le matin suivant, nous sommes réveillés par le chant du coq, mais aussi par le vent qui annonce les orages qui arrivent en fin de semaine.

24 Août : nous reprenons la N113, vers Narbonne. Au passage, nous achetons notre bocal de cassoulet à Castelnaudary, puis nous nous arrêtons à la Citadelle de Carcassonne.

CARCASSONNE :

En camping-car, il faut continuer la N113 et sortir de Carcassonne en direction de Perpignan. En haut d'une grande côte, sur le rond point proposant l'accès à l'autoroute, vous avez alors une petite bretelle qui vous ramène vers la Citadelle et ses parkings. C'est d'ailleurs fléché "Autobus et Camping-cars".

 dans catharePar contre, le fait d'arriver le matin, vers 11h, nous a permis de nous garer dans un parking proche de l'entrée. En repartant, vers 15h, nous avons croisé ceux qui arrivaient juste et que l'on faisait garer dans un parking de délestage, à 7/800 m de l'entrée.
Que de monde ! c'est le mois d'Août. Mais en fait, seuls les 100 premiers mètres dans la citadelle sont pénibles, ensuite la foule est un peu plus aérée. Nous faisons donc une petite promenade à l'intérieur de la Citadelle avant de déjeuner. Nous prenons notre repas dans le CC, puis profitons de ce que les autres touristes sont occupés à manger pour ne pas faire la queue et prendre le petit train qui fait une visite guidée de 20 minutes tout autour des remparts. Promenade déjà très intéressante où il est question du roi St Louis, de Dame Carcasse et de son cochon, et d'un premier château Cathare. Nous nous réservons donc de faire la visite avec guide conférencier lors de notre prochain passage à fin Octobre, quand il y aura moins de monde.

NARBONNE :

Nous n'avons pas prévu de visiter Narbonne, mais étant à la "Mecque du camping-car", nous ne pouvions manquer de passer à la boutique pour quelques achats. Une panne de frigo nous a obligés à y revenir le lendemain pour une solution radicale d'achat neuf.

AGUILAR :

Soir du 24 Août, nous n'avons pas envie de suivre ni la nationale, ni l'autoroute entre Narbonne et Perpignan. Nous prenons donc la route de Portel de Corbières que nous dépassons pour aller jusqu'à Tuchan où nous arrivons vers 18h30. Au centre du village, un parking très accueillant, baptisé "Promenade de Pujade", nous permet de nous placer pour y passer une nuit très calme. Nous revenons de 50m en arrière et à 19h, nous rentrons dans le bureau de l'Office de Tourisme. La personne qui nous reçoit est très affable et ne regarde pas sa montre. Nous nous offrons ensuite l'apéritif local "le Cathare", à la terrasse du café d'en face. L'accueil y est sympathique, comme dans tous ces arrières pays qui ne sont pas inondés par les touristes. Nous sommes 2 camping-cars à coucher au centre de ce village.

 dans cathare25 Août au matin, nous allons visiter le château d'Aguilar qui se trouve à 2km du centre bourg de Tuchan. La route qui accède est réservée uniquement aux voitures, et il nous faut laisser le CC en bas de la colline. Le chemin est très étroit et serpente au milieu des vignes. En haut ce ne sont que des ruines, mais si nous ne le savions pas, une photo à l'entrée du site, montre les acteurs du feuilleton télévisé de l'été qui fut tourné sur place: "Tramontane". On peut faire l'impasse sur la visite des ruines, mais cela vaut quand même le coup pour la balade et le paysage.

AMÉLIE les BAINS :

26 Août, en matinée, nous rejoignons Amélie les Bains, en suivant la nationale par Perpignan et le Boulou. Malgré la date, pas de problème de circulation, ils sont tous sur l'autoroute !

Amélie les Bains, surprise désagréable : un panneau à l'entrée de la ville prévient de l'interdiction de stationner pour les camping-cars et un deuxième panneau vous indique gentiment une aire de service à l'entrée du terrain de camping Municipal. Et là, pas de surprise, les prix sont affichés à l'entrée : si vous passez la nuit sur le parking, il vous sera demandé exactement le même prix qu'à l'intérieur du camping, et en plus vous aurez le jeton à payer pour vous servir de la borne. Au passage, le lendemain, nous nous rendons compte que quelques camping-cars ont certainement passé la nuit sur le grand parking rive gauche au départ de la route de Palalda. Il y a probablement une certaine tolérance, dont nous remercions les autorités locales.

Nous poursuivons 5 Km plus loin, vers ARLES sur TECH, que nous dépassons pour aller voir les Gorges de la Fou.

GORGES DE LA FOU :

 dans cathareA l'arrivée, si votre CC fait plus de 6 mètres et s'il s'agit d'un jour d'affluence, il est prudent de laisser le CC à l'entrée, au bord de la route, car les parkings sont très difficiles à utiliser, à cause de l'étroitesse et de la pente de la route.
Il s'agit des Gorges les plus étroites du Monde, car à certains endroits la largeur est inférieure à 1 mètre. Elles se visitent en suivant une passerelle métallique de 1500 mètres. (Mesdames, pas de petits talons, car la passerelle est en tôle perforée). A l'intérieur, même en plein été, la température ne dépasse pas 16°.
Le ruisseau a creusé la roche sur une hauteur d'environ 200 mètres. Sur la distance totale de la promenade, on a un dénivelé de 157 m et l'ensemble des quelques escaliers à gravir comprend 237 marches. Le site est très beau à voir. Il est simplement dommage qu'au nom de la sacro-sainte sécurité, un filet métallique ait été tendu en travers pour protéger nos têtes des chutes de pierres et massacre les photos.

Nous revenons ensuite vers ARLES sur TECH, où nous avons passé la nuit sur le parking du terrain de tennis.

ARLES SUR TECH :

 dans cathareTrois raisons de visiter cette jolie cité romane : Son cloître du XIIIème siècle avec son sarcophage du IVème, le musée du Fer et les Tissages Catalans.

D'autre part le centre ville est très pittoresque avec ses ruelles très étroites, et on sent une volonté de dynamiser le tourisme.

Nous avons eu de la chance, car nous n'avions pas vu les panneaux d'interdiction pour les camping-cars. Nous avons dormi sur la place indiquée, près du terrain de boules lyonnaises, après avoir discuté avec des joueurs très sympathiques. Si la maréchaussée est passée, elle a été tolérante et nous l'en remercions. Ici aussi, on est donc invité à aller sur le terrain de camping. Par contre, ayant demandé de façon officielle à la Mairie de revenir en groupe, pour la fête locale du 24 Octobre, nous nous sommes vu opposer un refus catégorique : si vous voulez venir, allez au terrain de camping ! Explication, un conseiller municipal est propriétaire de camping et un autre est restaurateur. Vive le commerce bien orienté !

PALALDA :

 dans cathare27 Août, nous retraversons Amélie les Bains et prenons une petite route qui nous amène 4 Km plus loin, à flanc de montagne, au village de Palalda. Celui-ci abrite, face à la mairie, le musée de la Poste. L'histoire de la Poste y est très bien racontée, et on est surpris de remonter à Hannibal, puisque le principe même de la poste est de transporter des messages, sous quelque forme que ce soit. Les panneaux historiques sont très bien faits et donnent envie de se documenter davantage. Cela va donc du messager qui a couru le fameux MARATHON jusqu'à maintenant avec INTERNET. On y retrouve aussi des appareils qui ont disparu, comme le morse et les télex, pas si vieux que ça !

Nous suivons la départementale 618 vers le nord, à travers les premiers contreforts du Canigou, dans la région dite des Aspres. Route sinueuse dans la forêt, très agréable, et avec de très beaux paysages. La prochaine étape sera le prieuré de Serrabone.

SERRABONE :

 dans cathareL'accès se fait par une route en cul de sac, avec un grand parking à l'arrivée qui permet de garer facilement voitures, cars et camping-cars. Il faudra faire ensuite 100m à pied pour accéder au prieuré, entouré également d'un espace promenade. On y remarque les très jolies sculptures sur les chapiteaux, représentant des animaux de la mythologie. On y apprécie le calme du lieu, et encore une fois le très beau panorama. Une petite exposition de plantes séchées enserrées entre 2 vitres complète la visite.

ILLE sur TÊT :

Nous redescendons dans la vallée et rejoignons Ille sur Têt.

 dans cathareEn passant sur la nationale 116 qui relie Perpignan à Font Romeu, on aperçoit très bien les Orgues d'Ille sur Têt. Une visite plus rapprochée s'impose pour voir ce phénomène d'érosion de la nature identique à celui de Brice Canyon dont nous parlons dans notre voyage aux USA.
Il faut quitter la nationale, rentrer dans Ille sur Têt et suivre le fléchage qui vous amène par une petite route pas très large, sur le parking du site.

Ensuite, chaussez-vous pour la marche dans un chemin de terre. Distance à parcourir : 1500 mètres. Ce parcours est divisé en 4 étapes dans lesquelles on nous explique l'évolution géologique du site depuis 5 millions d'années et comment les orgues ont été sculptées par l'eau et le vent.

Nous reprenons la route et joignons Maury sur la route de Perpignan à Quillan. Nous trouvons une aire de repos au nord de Maury où nous serons 3 CC pour la nuit. Une retenue d'eau est aménagée pour la baignade et l'endroit semble connu des habitants de la région.

CHÂTEAU de QUERIBUS :

28 Août : au départ de notre halte nocturne de Maury, nous continuons à remonter vers le nord en suivant la D19. La route monte jusqu'au Grau de Maury. Nous sommes obligés de laisser le CC sur un parking pour faire les 2 derniers Km à pieds: un panneau nous indique une pente de 17% et ne connaissant pas la route, je sais que mon CC de 3t5 et de 7,20m risque de caler si on conjugue pente et virage. Ce n'est pas grave, il fait beau, il est 8h45 et équipés de nos chaussures et bâtons de montagne, cela va nous faire une occasion de bon exercice physique. Nous sommes doublés par les véhicules des gardiens du site.

 dans cathareA l'arrivée, nous sommes à un point culminant de 729 mètres. Il paraît que par temps très clair, la vue s'étend de la Mer Méditerranée jusqu'au Mont du Canigou. Nous apprendrons d'ailleurs que ce château avait été construit sur l'ancienne frontière entre l'Espagne et la France, justement comme poste de surveillance. La brume matinale d'une journée orageuse nous empêchera d'avoir cette étendue de vue.

Nous trouvons aussi sur place un club de radio-amateurs qui exploitent donc un site privilégié pour leurs émissions.
En redescendant, nous croisons quelques CC plus courts et plus légers que le nôtre qui arrivent à monter la côte de 17% en première. En haut, ils trouvent un parking sur lequel on peut passer une nuit très tranquille, s'il n'y a pas de vent. Par contre, si vous y allez, ayez vos pleins et vidanges faites. Même s'il y a des toilettes chimiques sur le parking, il est bien spécifié l'interdiction d'y vider ses WC. Ca se comprend !

On reprend la route vers le nord et en redescendant dans la vallée, nous arrivons à Cucugnan.

CUCUGNAN :

Nous avons tous entendu parler de Cucugnan, du sermon de son curé, repris par Alphonse Daudet. Voici la présentation faite par l'office du tourisme de Cucugnan : "La version présentée ici a été écrite en occitan et en vers par le félibre Achille MIR. L'adaptation française du conteur Henri GOUGAUD vous plonge, sur des images étonnantes, dans l'ambiance chaleureuse et unique de ces petits contes naïfs du XIXème siècle."

Le billet d'entrée du château de Quéribus vous donne automatiquement droit à assister au spectacle "LE SERMON DU CURÉ DE CUCUGNAN" dans le théâtre de la même bourgade. Ne le manquez sous aucun prétexte ! Cela dure 20 minutes, mais le mélange de la technique avec le chaleureux accent du pays nous a laissés admiratifs et enthousiasmés.

Vous avez plusieurs parkings à l'entrée du village. Visitez le à pieds, sans oublier l'AUBERGE DE CUCUGNAN où nous avons savouré un délicieux Pintadeau aux Cèpes accompagné du vin de pays de Cucugnan. Toujours à l'entrée du village, vous avez également plusieurs caves viticoles où vous pouvez déguster et acheter le vin de Cucugnan.

ESPÉRAZA :

 dans catharePar la D14, à peine plus large que le CC, nous rejoignons ensuite Espéraza où nous allons visiter le musée des Dinosaures. Très instructif de remonter à 65 millions d'années en arrière. De plus on peut voir sur place, le travail des archéologues, le laboratoire étant à l'intérieur du musée.
Juste à côté se trouve également le musée du chapeau, mais nous ne l'avons pas visité.

Les parkings de ces musées peuvent accueillir facilement les camping-cars de passage.

Notre périple se termine ici pour les visites, d'autant plus qu'ensuite, sur le retour, nous avons essuyé un très violent orage qui nous a chassé de Lavelanet. Nous ne l'avons pas regretté, car en remontant, nous avons trouvé à Mirepoix, dans la cour de l'ancienne gare SNCF, une aire de service pour les CC, avec borne etc... et assez calme pour la nuit.